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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 16:42

aMonpazier

Adepte du camping depuis fort longtemps je suis toujours étonné par la quantité de sons que la nuit révèle. C’est dingue !

a1 Ca me perturbe même...Et un Pascal perturbé, vous savez tous que...
Non, mais, pouvez-vous m’imaginer, tout seul au milieu de nulle part dans la nuit noire?
Pouvez-vous imaginer comment ça travaille dans mon petit crâne rasé alors que je ne suis protégé que par une fine toile de tente?
Pouvez-vous m’imaginer enfoncé dans mon duvet, respirant que d'un poumon, à écouter si un « Hannibal Lecter » local ne s’approche pas d’un pas feutré vers ma tente armé d’une scie sauteuse avec une rallonge de grosso-modo 12 km ? Un Hannibal qui n’a rien n’a foutre de sa nuit, qui vient de s’échapper d’un hôpital Périgourdin, qui tombe sur ma cache du jour, et qui a une envie cruelle, terme approprié, de se faire un bout de mes abats.
NON MAIS PUTAIN VOUS VOUS L’IMAGINEZ CA, NON ?
Moi si.
Voyez-vous, mon imagination lors de la première nuit fut fort fertile, je ne vais pas vous mentir.
Les expressions « Dormir d’un œil » ou « Dormir en chien de fusil (armé) » ont pris un certain sens. Pas trop longtemps quand même...

a2

Aaaah ça oui, c’est bruyant la nuit dans la campagne. Bon, fort souvent il s’agit de sons primitifs, plutôt rassurants, et loin d’être désagréables en fait.
Ainsi, mon appréhension fut vite effacée pour laisser la place à d’autres soucis sonores.
Autant le cri de la chouette, le chuintement de l’engoulevent, ou le chant du rossignol sont plaisants, autant les aboiements du chien de ferme sont insupportables.
Meilleur ami de l’homme ?
Le premier qui me sort ça, je lui fais bouffer mon riz de la veille. Le chien de ferme est orphelin, famélique, souvent attaché (pas assez souvent et avec une chaine pas assez longue), il gueule sur les maigres passants, et se fait un malin plaisir de vous faire passer à vélo de 8 à 30 km/h plus rapidement que le petit coupé italien qui fait vous fait rêver messieurs. Souvent il hurle la nuit en plus du jour, et inversement.
Moi, perso les animaux qui se lèchent ou se reniflent le cul, je les laisse aux autres (surtout que deux minutes plus tard, il vous lèche la main voire le visage)

Un chien c’est super sympa…chez les autres, hein !

a3

Siestaaaaa

Ce soir-là, en plus des sacs à puces, ce fut d’autres animaux, que je découvris nocturnes, qui m’occupèrent (on va dire ça comme ça !)

a4

Cahors

Je m’étais couché avec un vent fort faisant claquer le tissu de ma tente - Il m’avait été difficile d’arrimer cette dernière sur le sol rocailleux et de tendre la toile correctement. Je m’étais tout de même endormi heureux et rassuré de n’avoir reçu la visite de personne. J’adore ce moment où blotti dans mon petit igloo, j’entends les éléments se déchainer (tant que les éléments se déchainent à l’extérieur, bien sûr, mais vous verrez ça dans quelques billets...).
Donc, vers 2h du matin, tandis que terminai mon premier cycle de sommeil et que je naviguai entre rêves et réalité (j’étais en train de mâchouiller mon oreiller en pensant à un bon magret), j’entendis au loin (mais pas si loin) des vaches meugler…

a5Vers le Causse de Limogne

« Oh fuck ! Après les chiens, voici les vaches !»
« Ca meugle la nuit ces bestioles ?  Ca ne dort pas pour produire un bon lait frais qui ira alimenter en calcium mes amis de la maison de retraite ? »
Ben non, il faut croire que celles qui furent mes compagnons de nuit, n’ont eu que ça à foutre.
Meugler.
Ah la vache !
Ah les vaches ! Ou les bœufs pour ce que j’en sais moi, la nuit tous les bovidés sont pareils, c’est comme les escargots ou les cerises.

a6Cremps

Vas-y que je te meugle, et vas-y que je te re-meugle. Meuglements courts et puissants, meuglements à répétitions, meuglements staccatos, meuglements legatos. Entre deux rêves, j’en arrivai presque à m’imaginer leurs dialogues, c’est pour vous dire !
« Meuuuuh, tu l’as vu la petite dernière, meuh meuuuuh! »
« Meuuuuh, ouais, comment elle se la pète avec ses pis bien fermes meuuuuuh ça doit être les nouveaux pis-ail-pis qui la rendent comme ça ! »
« Meuuuuh, d’ici à ce que ça soit elle qu’on offre à Nono, le taureau, meuh »
« Meuuuh, rhaaaa, Nonooooo  le taureau»
« Meuuuuh, arrête Arielle, tu te fais du mal, tu sais bien que Nono, c’est un vrai salaud, il se les fait toutes les nouvelles… »
« Meuh, la catin, meuuuuuuuuuuh ! »

a7

Caché dans le Causse

Ça a duré toute la nuit…J’aurais aimé que d’un seul coup d’un seul, elles se mettent à chuchoter. Oh, oui s’endormir aux sons des chuchotements des vaches…
Ça chuchote la vache au fait ?

Malheureusement ce ne fut pas le cas et inutile de dire que je me suis levé avec très grosse envie d’un bon tournedos grillé accompagné par une sauce à l’échalotte.
a8

A suivre...

Par P - Publié dans : Divers
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 16:22

Voici donc mon modeste reportage photo et une narration de mon périple à vélo...
Départ de Libourne.
11J’ai pris ma grenouille par sa patte gauche et je l’ai frappé un coup à droite un coup à gauche jusqu’à ce que celle-ci me reste dans la main et que son corps ne ressemble plus qu’à une bouillie de brocolis.
Pourquoi tant de haine ?
Elle m’avait promis un temps splendide pour mon périple à vélo.
Elle avait menti la mécréante, c’était mal.

1

J’ai ainsi couvert 1100 Km environ, tout ça en neuf jours.
Tout avait bien commencé puisque lorsque j’ai quitté la gare de Libourne, il ne pleuvait plus.
L’air était frais.
J’étais rasé de près.
Je sentais bon la myrrhe.
J’étais rempli d’un optimiste propre aux débuts de voyage – vous savez juste avant qu’une turista ne vous plombe la sortie "Pyramide et Papyrus" avec Josianne et Gégé.

À peine mes sacs chargés sur mon cycle, je filai vers Saint-Emilion. Le ciel ardoise contrastai avec le vert printanier des vignes encore endormies par le temps de chiottes que nous avions depuis des semaines.
C’était beau.
J’eus droit à quelques taches de ciel bleu se reflètant dans les flaques miroirs, mais ce fut bien léger.
4Je guettai les averses, mais j’étais content d’être aussi libre. Ainsi, je passai une bonne partie de la matinée et le début de l’après-midi à mettre et à ôter ma veste de pluie. J’arrivai finalement vers Monbazillac sous une lumière bien plaisante et une vue splendide. J’avais de la chance car un vent fort soufflait dans mon dos depuis mon départ : Merci Eole.
8
Ayant commencé vers 11h mon périple, j’entrepris de me poser vers 18h après environ 100 Km le derrière sur la selle. Le ciel se faisait à nouveau menaçant. J’avais prévu de bivouaquer dans une petite vallée, mais l’attaque d’un chien m’invita à chercher un endroit quelques kilomètres plus loin.
2

Voyez-vous, j’étais pris dans mes pensées quand ce bâtard était sorti de nulle part en aboyant tous crocs dehors et toutes babines baveuses virevoltantes dehors aussi. Je vis à son œil torve que cet animal n’avait qu’une envie : se faire un mollet musclé et /ou un pneu bien tendre. Il n’était pas impossible qu’il ne cherchât qu’à se taper une bonne rigolade - le chien est fourbe, c'est bien connu! Ma seule défense fut d’accélérer aussi rapidement que mon chargement me le permit et de pousser un hurlement d’effroi. Ce fut certes ridicule, mais cela eu au moins le mérite de l’arrêter net dans sa course….Ce bâtard !

Je mis au moins 10 minutes à récupérer de l’incident et je me promis d’être plus vigilant dans la traversée des petits trous-du-cul du monde.

3

Le premier camping sauvage est toujours particulier lorsque l’on voyage. On n’a pas encore ses repères, on prend du temps pour tout faire, et on flippe un peu de se faire déloger par un local, alors qu’on est paisiblement installé à récupérer de sa journée ou pire alors qu'on est en train de faire un gros caca le cul à l’air.
5

Ainsi, je me retrouvai dans un champ, caché, et le plus à l’abri du vent possible. Ca soufflait vraiment beaucoup à mon goût (une vraie galère pour monter la tente). À peine mon campement installé, je me lançai dans la préparation du dîner du soir : du riz.
6

Bien mal organisé, je fis malencontreusement tomber ma gamelle dans une précipitation liée à l’arrivée surprise d’une énième averse.
Super! Je crevais de faim, et voilà que mon riz dégueulait sur la mousse humide.

Je crachai un « Ooooh fuck ! » (je jure souvent en anglais), puis ravalant mon amour propre décidai de ramasser, ce qui n’était pas « trop sale » ou bien qui n’avait pas disparu au milieu de la nature.

Je savais qu’il me fallait des forces pour le lendemain, et j’avais FAIM !

Au lieu d’avaler goulûment mon repas, il me fallut faire du tri comme un enfant de 5 ans auquel on apporte de la ratatouille ou une salade composée : « Tiens, c’est un grain de riz ça, ou du bois ? Tiens c’est du riz ça ou bien un caillou ? »

Crack !

« Oh fuck, ma dent ! »

Croquer un caillou est à peu près aussi horrible que le son d'une fourchette sur un tableau noir ou que celui d'un couteau sans dents coupant du polystyrène.
7

Ce soir-là, j’ai dû manger, entre deux grains de riz, des bouts de calcaire, des bouts de bois, de la mousse, des insectes, et des feuilles.
10

Je me suis couché un peu affamé, mais la tête déjà dans l’étape du lendemain.

Le vent soufflait encore fort.

Voilà, j’étais parti.

Je me suis endormi alors qu’au loin…

A suivre.
9Merci  à mon petit APN et son retardateur...10 secondes pour prendre la pose

Par P - Publié dans : Divers
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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 19:04

L’année passée j’avais terminé ma saison hivernale complètement cuit.

Cette année j’ai terminé ma saison hivernale complètement rôti.

Ainsi, après beaucoup de repos, un peu de vélo, et du choco, j’ai repris il y a 10 jours par du footing et quelques séances « spé » en nature (avec mon tendon toujours sensible, mais pas douloureux).

Oui, les Interclubs pointent leur nez et pour moi c’est LA compétition à ne pas rater (avec les cross of course).

Donc ce samedi matin vers 8h33, j’ai donc décidé au dernier moment de voir si je pourrais être « possiblement » « éventuellement » opérationnel pour un 5000m aux Interclubs. J’ai ainsi couru un 3000m entre deux averses réalisant un anecdotique et m 9’44’’17. J’ai couru seul du début à la fin et le vent fort qui soufflait ne m’a pas facilité la tache – voilà ça c’est pour les excuses. Pourtant j’ai fait un très facile premier 1000m en 3’07 et un beaucoup plus compliqué dernier 2000m - quand je dis « compliqué », ça veut dire que j’étais aussi léger qu’en courant en scaphandrier (je me demande même si la piste n’était pas à certains endroits couverte de colle).

Cette course m’a un poil (de cheveux) remotivé pour courir en compétition. J’ignore à ce jour si je serais en Equipe 1 ou 2 ou 3 (oui nous avons le luxe d’avoir 3 équipes au kloub !), mais franchement cela n’est pas important du tout du tout du tout du tout – quand je dis « pas important », c’est que je pourrais être petit, vieux, et chauve en plus – quand je dis « petit, vieux, et chauve » c’est que fort heureusement je compense en étant intelligent, cultivé, et drôle – quand je dis « intelligent, cultivé, et drôle » c’est qu’en fait mes photos n’illustrent pas ces traits de ma personnalité, et c'est bien dommage.

Bref…

Voyez-vous, si la météo n’est pas trop mauvaise, mardi, je pars à vélo pour mon pèlerinage annuel sur les routes de France. Alors préparer un 5000m cela reste d’être challenging – quand je dis « challenging » c’est qu’il faudrait que je fasse quelques séances spécifiques, mais après 10h de vélo, je ne sais pas si j’en aurais le courage - je sais je suis un fainéant ! – quand je dis « fainéant » c’est que je pourrais faire un effort tout de même, qu’est-ce que c’est que 10h de vélo hein ?

On verra donc.

Je compte descendre en train jusqu’à Libourne et me diriger vers la Grande Bleue.

Cette année, je vais tenter de rester plus raisonnable – quand je dis « raisonnable », c’est que l’année passée, j’avais fait une première étape de 180 km et que j’avais enchainé les étapes de 130 à 150 kms dans du gros dénivelé, et cela m’avait un peu flingué les tendons rotuliens.

Si je ne termine pas comme un hérisson sur une départementale, je narrerais peut-être quelque chose à mon retour, si je reviens, car je vais bien finir, un jour, par ne plus revenir du tout et aller jusqu’en Mongolie ou en Chine avec mon 'ti bicloune.
Car franchement, arriver à pied par la Chine, ça ne se fait pas!

Mon matos...bivouac en nature au maximum, de quoi manger pour le jour, et se laisser porter par les rencontres...
photo-2.JPG

Par P - Publié dans : Divers
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 14:48

C'était il y a 28 ans, ma première compétition: un 18 Km couvert en 1h31

- Un t-shirt (caché par le dossard) "la panthère rose"...grrr

- Un short de foot en coton...super !

- De belles chaussettes

- De beaux mollets

- Des Nike Pégasus (oui déjà) empruntées à mon paternel (la montre aussi à ce propos)

- Des cheveux

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Aujourd'hui...

- Le poil lisse

- L'oeil brillant

- De beaux muscles

- Ma montre à moi
- Mon maillot de club à moi

- Mes chaussettes à moi

- Mes chaussures à moi
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Je n'ai pas pris une ride, c'est dingue ! En revanche je tire toujours une sale tronche, et je suis passé de 12 Km/h à 18 Km/h en compétition...

Par P - Publié dans : Divers
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 14:46

Pas de compétitions ces dernières semaines, mais des entrainements forts rassurants à la vue des cross à venir (voir à coté, là sur la colonne de gauche si vous savez lire.)

Si, pour certains visiteurs, la lecture de cette page s’arrête ici, pour les autres, elle continue…


Nous sommes sans aucun doute le seul pays dans l’Univers, hormis l’Islande et les Iles Kerguelen, à se laver à l’eau potable, et ça, je ne le comprends pas du tout. Laver sa belle auto avec de l’eau à boire m’est inconcevable, laver son linge tout pareil, se laver les dents à l’eau claire une ignominie. Vous parlez, même l’eau de mes toilettes est buvable – bon, la sale infection bucco-dentaire et l’haleine de pécari que je me traine depuis six semaines trouvent peut-être là une explication, mais mis à part ça, ça va bien. J’ai perdu du poids, mon unique rein fonctionne mal, j’ai les fesses couvertes d’un poil doux et soyeux (photo sur demande), et purée qu’est-ce que je me gratte !

J’étais donc en train bidouiller mon hachoir à viande pour faire un pâté d’un animal domestique que vous connaissez bien, et alors que je débourrais la machine (j’avais oublié le collier), voilà qu’une pensée traverse mon esprit fertile.

Pensée…

Pensée…

Pensée…

Une de plus me direz-vous.

Pour une fois, je me dois de vous arrêter, de vous demander vos papiers, et vous dire que ça c’est mal de me médire ! Non seulement je vais le dire à ma mère, mais en plus vous irez tous en enfer, sinon vous irez chez tous chez le coiffeur, et il vous tripatouillera le crâne avec ses doigts embagousés, si c’est un homme, et manucurés, si c’est une femme, tout en vous racontant sa vie, la vie des stars, la vie «d’sa mère».  Il vous parlera du temps, de la crise, vous fera les pattes au rasoir (sans gruyère ça fait grossir), le bas du cou au sabot (et non pas le bot du cas au sabut), et de belles mèches pour « éclaircir un peu ». Ensuite, il vous collera sous le sèche-cheveux avec un magazine, et il terminera par un petit tour de votre belle tête avec son beau miroir Ô beau miroir, pour vous dire : «ça fera 485 euros, MAIS QU’EST-CE QUE CA VOUS RAJEUNIT ! »
Pensée…
Pensée…
Pensée…

Ainsi aussitôt cette pensée sortie de ma tête, je me suis précipité sur mon clavier pour la coucher sur l’écran.
J’aime coucher mes pensées sur mon écran je trouve ça sensuel.
Je vous la présente donc sous forme de mots faciles à comprendre, car je sais combien mon fidèle lecteur a dû mal avec les mots compliqués.

Depuis que je suis tout petit, j’aime profondément souffrir.
Combien de fois, ma mère est intervenue tandis que je m’amusais à me faire de petits trous bien réguliers à la perceuse à percussion sur mon front brûlé.
« Bah mon ‘ti bibi, cake’tu fé donk avek ta ch’tite tête, lô ?» (Elle parle bizarrement ma mère je vous l’accorde, surtout depuis qu’elle n’a plus de dents et qu’elle boit du pastis au petit-déjeuner.)
Ah la la, j’en ai vu des médecins, des spécialistes, des experts, tous à sortir le même constat :
« Mais ne vous inquiétez pas madame, ça lui passera, et puis vous devriez peut-être lui acheter un animal, ça lui fera du bien à votre rejeton. Prenez-lui un chat par exemple ; Voilà, achetez-lui un chat, je suis certain que ça va le calmer… »
Une semaine plus tard, ma mère sortait en hurlant de ma chambre avec des morceaux de « Poupounette » accrochés en un joli mobile digne d’un Calder des grands jours.

Depuis, j’ai fait un transfert comme ils disent dans les livres, et la souffrance, je me l’impose différemment.
Je cours.
Pire, je fais du demi-fond.
Pire, je fais du demi-fond à un âge où l’on se retrouve en famille autour d’un bon rôti, ou l’on se retrouve en famille en balade autour d’un plan d’eau à digérer le rôti, ou l’on se retrouve avec ses amis à digérer sa famille alors que sur le plan d’eau un bon rôti fait de la barque en sifflant (photo sur demande).
Il n’y a pas longtemps de cela, enfin suffisamment pas trop longtemps pour que je m’en souvienne encore, je terminai une série difficile de 302,12 m (ou bien deux fois la distance de la Terre à la lune pour mes lecteurs aveugles.)
J’avais les bras douloureuxet mal partout...
Mal au bras quand on court ?
Quelle drôle de chose…Ben oui, lorsque l’acide lactique a remplacé le sang dans vos veines, on se contracte, et les bras en deviennent lourds.
Ainsi alors que je terminai à bout de force allongé sur la piste les yeux rivés sur le gros nuage en forme de lapin qui seyait dans le ciel plus vraiment azuréen, alors que mes poumons brulaient en crépitant comme du « Mistral Gagnant » dans ma cage thoracique imberbe, alors que mon cœur battait plus que la chamade, alors que ma pression sanguine poussait mon cerveau dans le coin de gauche de ma boite crânienne, une pensée vint, comme une éclair, zébrer ma conscience, ou du moins ce qu’il en restait:
« Et si je mourais.» (Non ce n’est pas le titre du prochain roman de Marc Levy !)
Oui, si je mourais là, comme un con sur le tartan usé d’une piste de la banlieue orléanaise, alors que dimanche il y avait un spécial Arielle D. avec M. Drucker, et que la Redoute m’avait promis de me livrer un couvre-lit en laine de roche avec des motifs fleuris très mignon.

Vous, vous viendriez errer sur ce blog, vous ririez à gros flocons, vous penseriez « mais ouksétikivacherchétooça », et vous laisseriez des commentaires très fins et très drôles ou des commentaires très pas fins et très pas drôles aussi, alors que moi je serais en train de négocier difficilement pour ne pas aller en enfer.
Mlle Lucie Faire : « Prénom ? »
Moi : « Suzanne »
Mlle Lucie Faire : « Vraiment ? »
Moi : « Oui, oui, je vous jure, si je mens, je vais en…euh oubliez ce que je viens de dire. »
Mlle Lucie Faire : « Bon continuons…Des péchés ? »
Moi : « Non, j’ai arrêté l’année dernière, ça me donnait des gaz ! Ah vous parlez de péchés, pas pêchers…hi hi hi, je suis bête…»
Mlle Lucie Faire : « Meuh non, vous n’êtes pas bête, vous êtes plutôt mignon à croquer…Bon allez, déshabillez-vous. Mettez le peignoir. Deuxième porte à gauche, escaliers du fond, salle 12… »
Moi, nu comme un orque : « Hey, hey, HEY, attendez ne refermez pas la porte, y’a pas de peignoirs. Et c’est quoi ces trucs ? C’est quoi ces animaux ? Des chats ? VOUS M’AVEZ ENFERME AVEC DES CHATS !!! »
Mlle Lucie Faire: « Welcome in Hell ! »
Enfin, il y aurait un petit encart dans la feuille de chou local avec des titres de circonstances : « Il a rejoint le Seigneur des anneaux de Tartan » ou « Dernier tour de piste, salut l’artiste ! » ou « Drame à la corde » ou « Mort en série de 1000 » ou « Trop tôt, trop vite, trop jeune » ou «C’est la Crise…cardiaque » , mon seul et unique lecteur verserait une larme et se resservirait du Tang, et les chats reprendraient des croquettes au saumon!
Mourir en courant, quelle belle mort non ? Juste derrière se faire électrocuter par un Tergal tout droit sorti du sèche-linge, je vous l’accorde.
Bon n’allez pas imaginer que je compte mourir tout de suite.
Y’a Vénus qui rentre dans mon signe le 12 (horoscope RTL) et je vous le dis cette Vénus, elle en damnerait plus d’un.

Par P - Publié dans : Divers
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 17:17

C’était un jour d’automne.

Un jour pluvieux, où le ciel était d’un bleu ardoise, où les feuilles des arbres luisaient pour une dernière fois, où les rayons du soleil timides et faibles rasaient les paysages. Dans la grisaille cette pluie d’enterrement accompagnait les passants qui déambulaient leurs yeux collés au trottoir.

Elle les regardait.

Elle les avait regardés toute la journée cachée derrière son rideau translucide, posée sur son siège à attendre. Des années à attendre, des années à l’attendre. A l’aube de sa vie, elle ne vivait que pour ces petits moments-là. Ces moments d’espérance où il viendrait la libérer et ils sortiraient ensemble. La maladie l’avait épargné, hormis les quelques douleurs articulaires qu'elle traînait, mais c’était plus pour Henri qu’ils sortaient à deux.
Ça lui faisait du bien, elle le sentait.
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source photo: CDCHS37

Moi, ce jour-là, je bossais. Un gros client m’avait de nombreuses fois harcelé de coups de téléphone (aïe!) pour me dire que « ça » n’allait pas, que « ça » n’était pas ce qu’il voulait, et que « ça » chaufferait si je n’arrangeais pas le problème. J’aurais simplement voulu lui dire que « ça » me faisait chier de l’entendre couiner, et si « ça » continuait, j’irais moi-même chercher ses enfants à l’école, et que...enfin bref. Mais je n’avais rien dit, j’avais juste susurré lâchement comme je savais si bien le faire : « mais bien sûr, Môôôsieur, je m’en occupe tout de suite Môôôôsieur et je vous promets que ça ne se reproduira plus Môôôôsieur ; Je vous rajoute le coffret soirées sacrifices humain aussi Môôôsieur? Avec la boule avec la neige dedans aussi ? Oui ? Très bien, et ne vous inquiétez pas, c’est la maison qui régale Môôôsieur… »

Guettant une éclaircie, alors qu’un vent violent avait remplacé cette pluie battante et glaçante, j’étais rentré chez moi. Enervé et las à la fois. Je ne me ménageais pas ces derniers temps, mon corps semblait dépérir comme une nèfle dans de la soude. Nous n’étions qu’en novembre pourtant. Une fois chez moi, je m’étais dévêtit rapidement (ça je le faisais très bien), jetant en tas mes fringues du jour à terre (ça je le faisais très bien), puis j’avais pris un autre tas de fringues, de sportifs cette fois-ci, je les avais senties, triées, et mises sur mon corps frissonnant (ça je le faisais très bien). J’étais sorti courir bravant le temps infect. Le temps d’automne.

Deux trois mouvements d’étirements, une remise à zéro de ma montre, un regard au ciel en signe de prière, et BIP, j’étais parti.
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source photo: CDCHS37

Henri arrivait à la même heure chaque jour. Le bus le ramenait du centre, et aussitôt, ils repartaient ensemble pour une promenade. Pour rappeler à Henri qu’il était encore présent ici-bas, avec sa famille, avec ses amis, avec le monde, on lui avait dit que cette promenade était indispensable. Il les croyait. S’accrocher au connu, s’enterrer dans le vivant, s’arrimer au familier.  Henri semblait savoir qu’il glissait un peu plus chaque jour vers un monde bien à lui fait d’ombres et de silences, de pauses et de repos, d’oublis et de gommage. Le réel s’aplatissait, les courbes s’effaçaient, le blanc se grisait jusqu’à en devenir noir certains jours. Enchantée comme au premier jour de leur rencontre, la joie qu’elle dégageait à chaque sortie éclairait son Henri. Elle le sentait, et même si ces derniers mois, il semblait se complaire dans les silences, sa joie à elle, était la meilleure des médecines.
Ils sortirent donc. 

Deux trois mouvements, un regard au ciel en signe d’espoir, et HOP, ils étaient partis.

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source photo: CDCHS37

Moi, j’étais sur le même trottoir à 200 mètres d’eux. Loin d’imaginer ce qui m’attendait. J’avais les pensées en train de se classer, j’avais mes humeurs en train de s’éclaircir, mon corps se remplissait doucement de mes hormones préférées. J’étais presque bien, oui presque bien.

J’avançais vers eux, sans les voir. Un couple parmi tant d’autres, un vieux couple parmi tant d’autres, transparents.

Sortir marcher sur ce trottoir toujours humide ne lui plut finalement pas plus que ça. A peine sortie, elle voulut rentrer. Henri semblait indifférent, comme souvent. Le vent froid s’était renforcé, et au milieu des feuilles, là, sur le trottoir, elle posa rapidement un étron de la taille d’une aubergine. Marron sur marron, ton sur ton. Les bonnes croquettes au saumon faisaient toujours de belles couleurs. Henri ne vit rien, ils rentrèrent se mettre à l'abri. Il avait déjà oublié; elle aussi.
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Mont Gargan le 30-10-2011 (alt.731m)

Moi non plus je ne vis rien, et mon pied droit se posa avec une immense assurance sur cette merde infâme posée là sur mon chemin. Un truc bien frais, bien moulé, bien gras, dissimulé au milieu des feuilles et qui me fit pousser un simple et de circonstance : " MEEEER-DEUU ! " maugrée-je presque soulagé d'avoir évité une chute.

Trop tard, le mal était fait, et comme à toutes les personnes à qui ces déboires arrivaient, je me mis à claudiquer, à traîner mon pied puant tout en continuant ma course dans l'espoir d'en enlever un peu. Je laissai derrière moi la trace, l’empreinte de mon malheur.

« Et si cela avait pu être le gauche bon sang… » Pensé-je en maudissant ce canidé, les canidés, les canidés urbains, et leurs maîtres.

Par P - Publié dans : Divers
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 15:16

C’est dingue ce qui me passe dans la tête quand je vais courir tôt le matin.

Cela doit être l’acupuncture…Ben oui, j’avale les aiguilles, peut-être devrais-je simplement les croquer ? C'est Halloween, non, et on s'en cogne, mais bon je trouve ce billet de circonstance...

 

Une Pénétrante lumière éclaire ma sombre nuit,

Balayant d’un rayon, mes fripes de miler.

Est-ce bien le soleil ou la lune qui luit ?

Il est tôt, il est tard, et c’est déjà mon heure.

Pourquoi cours-je ?

Pourquoi cours-je ?

Ce rayon perce six pieds, à travers mon rideau,

Et Puis vient caresser deux pouces de ma peau.

Je pose un pied à terre, le gauche par mépris ;

Vite vêtu, vite sorti, j’vais vider ma vessie.

Pourquoi cours-je ?

Pourquoi cours-je ?

La légère musique, d’un Miles qui dévisse,

Couvre de lourdes notes mes muscles endoloris.

Mes yeux sont à frotter, et mes pieds à planter ;

Mais ton Dieu qu’il est tôt, ai-je besoin d’y aller ?

Pourquoi cours-je ?

Pourquoi cours-je ?

Pas à pas, pieds à pieds, je pose mon talon ; Or

Mon corps est assoupi, il est encore mort.

Je siffle : « Ecce Homo », renais une septième fois.

Nike est avec moi, j’préférerai Nikaia !

Pourquoi cours-je ?

Pourquoi cours-je ?

C’est parti !

Mon souffle accompagne mon cœur dans la campagne,

A la conquête du monde ou fort de tous mes membres.

J’avance et je glisse entre ces nombreux méandres,

Feu follet filant foulant bien loin de ma compagne.

Pourquoi cours-je ?

Pourquoi cours-je ?

Je plonge dans un bonheur, mon esprit lâche pied…

Mon rythme s’accélère, je ne traîne plus des pieds.

Etre, je ne suis plus, et déjà, j’suis arrivé.

Plaisir subtil et gai dans la fraicheur du matin.

Je retombe sur mes pieds, et ainsi je rejoins

Les Autres, qui s’affairent, un pied dans leur trou

D’une morne journée, de labeur et de fous.

Pourquoi cours-je ?

Pourquoi cours-je ?

Moi, je me suis remis  sur pied, et l’espace d’un instant

J’ai couru plus d’une heure ne faisant que penser…

A une cucurbitacée.

Par P - Publié dans : Divers
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 16:54

J'en rêvais depuis un moment.
Je l'ai fait.
Certes peut-être pas aussi longtemps que je l'aurais voulu, certes pas aussi raisonnablement que j’aurais dû, mais les sept jours passés sur la route furent absolument magiques – malgré le vent de face, les maux aux genoux, et les coups de soleil…
870 kilomètres
en 6 jours et 934 au total.
Equipé d'une tente, d'un duvet, d'un tapis de sol, d'un petit réchaud, d'une popote, de fringues, de bouffe pour le jour, et d'un sac de ciment, je suis parti.
J’ai ainsi suivi la Loire d’Orléans jusqu’à sa source en passant par les gorges de la Loire, puis je suis passé les gorges de l’Ardèche, avant de traverser les Cévennes jusqu’à Millau en passant par la vallée Borgne et les gorges de la Jonte.
De retour dans le monde du travail, je ne pense qu’au prochain voyage - un tour d'Europe en ski alpin par la mer.
Je vous propose quelques photos qui résument assez bien: la météo et les endroits traversés.
ENJOY !

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Pour illustrer le commentaire de TB, rien que pour lui...
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 21:48

Après le parc national des monts d'Ardèche, je suis dans le parc national des Cévennes. J'ai roulé toute la journée, 153 km. Je suis claqué par plus de 3 heures d'ascension dans la journée. 
Je raconterai tout ça un peu plus tard... Demain je prends le train et je remonte.

Voilà, c'était Pascal live from Meyrueis. 

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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 21:22

Hommage à Jean Ferrat aujourd'hui, en passant à Antraigues sur Volane.J'ai à nouveau gratté la tente ce matin, mais je suis parti sous un beau soleil avec déjà beaucoup de vent. Après 6 km d'ascension j'étais au Mont-gerbier-de -jonc. Quel plaisir de rouler si tôt dans le parc régional des monts d'Ardèche. J'ai vraiment pris mon temps. 
Ensuite ce fut une longue descente vers Aubenas où, à 45 km/h, penché à 45 degrés, j'ai du m'accrocher ferme au guidon, et plus d'une fois j'ai failli tomber, poussé par les rafales de vent.
Une fois à Aubenas (où on m'a presque percuté), j'ai décidé de filer vers les gorges de l'Ardèche. Après les monts de l'Ardèche, j'ai fait une balade l'après-midi dans les gorges de l'Ardèche. 
Ainsi ce soir je suis à St Martin d'Ardèche, après 132 km.

Odeur du jour: le thym sur le bord de la route.
Son du jour: " EN-CU-LE !! " au type qui a failli me tuer à Aubenas.
Goût du jour: Mon petit déj très light; un thé, car la boulangerie est fermée le mercredi...
Bobos du jour: Mon genou droit n'a pas aimé la montée de 3 km à 12% dans les gorges de l'Ardèche. Les coups de soleil aux cuisses et sur le dessus des mains.

Je n'ai pas aimé: La montée de 3 km après Vallon pont d'Arc , la traversée d'Aubenas, la cohorte des camionnettes remontant les kayaks , et le vent, le vent, le vent, le vent ...de face.

J'ai aimé: Les vues absolument extraordinaires, les descentes à bloc et les passages de tunnel en hurlant
" YOUHOUOUOUOU !!!!!!!! " , regarder les martinets à ventre blanc, se prendre 12 jets au dessus des gorges et enfin, mon premier vrai camping.

Voilà, demain je remonte sur Alès car le temps va tourner à la pluie et moi j'aime pas la pluie.
C'était Pascal live from St Martin d'Ardèche. 

Par P - Publié dans : Divers
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