Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 16:26

Fi des fioritures !
Fi des longs palabres pour dire que des banalités dans un CR interminablement long!
Fi des ennuyeux écrits narrant un départ trop rapide ou trop lent, citant un kilomètre couvert en tant de minutes, et détaillant un finish glorieux!
Fi des paragraphes élogieux sur ma bataille à 17,7 km/h de moyenne dans le sable d'un hippodrome de Vendée !
Je veux rester authentique, vrai, sincère, et au plus près de vous mes chers lecteurs.
Ainsi, je ne vous raconterais point comment j’ai terminé 15e aux championnats pré-France de cross et comment j’ai obtenu ma qualification avec mon « zami » d’enfance aux Championnat de France à la Roche S/Yon.
Non, non, rien de tout ça.
Car voyez-vous, ce weekend j’étais à Saint Jean de Monts.
J’étais au bord de la mer à une époque où seuls les coquillages se posent sur le sable pour s’ouvrir aux faibles rayons du soleil à se faire dorer le byssus, et où les volutes d’iode titillent les nasaux des marcheurs.
C’était presque bien. Ce pittoresque village vendéen est à cette époque de l’année fait de gris retraités, de quelques vieux locaux, et de ternes oiseaux marin.
En deux mots, c’est MORT !
Cependant pour égayer le paysage morne et plat du coin,  un jour, on a décidé d’inviter un dimanche de nombreux crossmen de partout de la grande région atlantique (ta mère) sur un hippodrome à l’allure d’un terrain vague (un terrain vague près de la mer, c’est normal me direz-vous !)
st.jpg
Source: VO2.fr
Donc aujourd’hui pas de narration chiante à mourir.
Je m’y refuse catégoriquement !
Car vous voyez j’aurais pu vous parler du parcours de ce cross. Un parcours unique à double titre puisque planté en bord de mer et dans le sable.
Oui, ça j’aurais pu vous en parler.
J’aurais pu aussi vous dire combien les trois dernières semaines à lutter sur la neige et dans le froid sibérien avait compromis un peu ma préparation pour un pré-France de cross.
Ben oui, ça j’aurais pu vous en parler.
J’aurais pu aussi vous expliquer, comment avec 306 de mes camarades de jeu, j’avais la peur au ventre et la queue entre les jambes (j’aurais pu même vous le montrer) à quelques minutes du départ.
Ca j’aurais pu vous en parler.
J’aurais pu vous narrer aussi comment au bout de 500m je me suis retrouvé en 8e position en me disant : « Oh, oh, la la, je suis parti peut-être un poil, non, non pas un poil, trop vite ! Et ça va être fort long mon bibi !»
Oui, oui, ça j’aurais pu vous en parler.
J’aurais pu vous dire combien les divers encouragements de mes quelques supporters me firent plaisir au point de vouloir presque m’arrêter pour les remercier chaleureusement.
Ben ouais, ça j’aurais pu vous en parler.
J’aurais pu aussi vous raconter combien  j’ai senti que ces mêmes supporters vinrent à penser sans aucun doute que « Oups, il est parti trop vite le titi, il est mort, ça commence à devenir dur ! »
Et oui ça j’aurais pu vous en parler.
J’aurais pu insister sur le fait que de passer de la 8e à 18e en l’espace de 2 kms ne m’a pas inquiété plus que ça, non, non, ces scénarios, depuis le début de la saison, je suis habitué à les vivre en course.
Pourtant, oui pourtant, ça j’aurais pu vous en parler !
J’aurais pu aussi vous dire combien ma tentative de récupérer « un peu » à « un moment » pendant la course a été quasiment impossible à la vue du niveau présent, du parcours exigeant, et de mon départ rapide. Pas une minute de répit je vous dis!
Ah bah, ça j’aurais pu vous en parler.
J’aurais pu aussi vous parler de ma satisfaction de terminer dans le top 15 avec en poche ma qualification en individuel pour les France de cross.
Yes, I could have talked to you about it!
J’aurais pu insister sur ma déception de ne pas voir notre équipe qualifiée pour le dernier round de la saison de cross.
Pff, ça j’aurais pu vous en parler !
J’aurais aussi pu vous décrire le plaisir de regarder les autres en suer ou bien la joie à les encourager plus ou moins fort pendant de longues minutes!
Yep, ça j'aurais pu vous en dire long!
Non, vraiment j’aurais pu terminer pour vous dire combien j’ai dû saouler les autres avec mes histoires surannées et mes chronos passés.

Mais, à la place de tout ça, je vous dirais simplement que :
Mon frigo est vide, nous sommes lundi, j’ai mal partout, y’a jamais rien à la télé !

Par P - Publié dans : Les compétitions
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